Chaque matin, ce bruit strident, me réveillant, sortant d'un rêve dont je ne me souviens jamais, projeté hors du lit, je m'assoupie sur mon déjeuner, le croquant à pleine dent, buvant lentement ce chocolat m'aidant à tenir la matinée, ramassant à la petite cuillère au fond du bol le chocolat restant. Petit plaisir de la vie juste ce petit pourquoi l'on vit. Cognant dans les portes, crachant dans le lavabo, après un brossage de dent régulièrement, les mains plongent dans l'eau, lavant mon visage pour me réveiller doucement, juste le temps d'y voir clairement. L'eau brûlant ma peau, dégoulinant sur mon corps, plaisir du matin, mes cheveux plein de shampoing, mes mains massant ma tête, le temps passant, mais toujours autant de plaisir à sentir l'eau attaquant ma peau. La buée recouvrant le miroir, traduisant le réchauffement de la salle de bain. Mes mains vieillissant, mes cheveux mouillés, l'eau glissant le long de mon dos, tombant au sol. Le carrelage me donnant froid au pieds, ma nudité s'achevant en enfilant un pull vert que j'aime tant, acheté il y a peu de temps. Mes vêtements encore mouillés par le souvenir de l'eau, mes cheveux ébouriffés, séchés puis coiffés. Appliquant avec soin mon maquillage, soulignant mon regard, sans retard, je jète un dernier regard au miroir, en attendant impatiemment le soir, pour rejoindre le sommeil encore distinct sur mon visage sans teins, rituel sans age de la vie, infini...Le froid envahissant, rentrant en moi, me glaçant les os, me donnant des frissons dans le dos. Enfilant mes chaussures, choisi au jour le jour, dans ce garage gris aux lumières terni. Ouvrant la porte, me jetant dans une nouvelle journée, sous la pluie, marchant dans une flaque d'eau à force de regarder en haut, ce ciel distant si intriguant, laissant échapper des nuages ces gouttes glissant jusqu'au sol pour l'envahir, l'eau entrant dans mes convers, juste après une averse, le bruit des graviers sous mes pas... La lumière du lampadaire gisant sur ce chemin, fait tous les matins, me pressant et arriver ici où tout commence, où les tout débutent. Le bruit d'un moteur arrivant, s'approchant, puis s'arrêtant juste devant ou un peu avant. Rejoignant les autres, qui comme tout le monde, vivent sans trop savoir pourquoi, appréciant les petits plaisirs, rendant les yeux étincellent, inscrit au fond d'une vie, faisant vivre, rendant ivre. Je suis ivre d'amour, mon petit plaisir à moi c'est de te voir sourire...